Quand a débuté le projet du film ?
J’ai commencé ce projet il y a environ 5 ans. J’avais seulement quelques idées visuelles à cette époque. Celles-ci ont alors beaucoup évolué pour devenir la base d’un nouveau projet qui n’avait plus rien à voir avec celui d’origine. Ce fut le début de Telepolis (La Antena).
Quelles étaient les conditions de travail ?
Les conditions de travail furent de manière générale très bonnes. Ma société de production LadobleA a financé entièrement le film avec l’aide de crédits et d’apports externes. Les producteurs du film, Gonzalo Agulla et José Arnal, m’ont donné une liberté absolue concernant la réalisation. Le projet a duré 3 ans avec 11 semaines de préparation et un an et demi de post production. Une équipe de 12 personnes a été nécessaire pour contrôler de manière permanente le film pour qu’il conserve un caractère très personnel et artisanal.
Pourquoi traiter le sujet de la presse et de la télévision particulièrement ? Selon vous, quel lien existe entre la politique et la presse ?
Nous vivons dans un monde purement audiovisuel où les images sont utilisées pour capter notre intérêt. Ce phénomène se manifeste particulièrement à la télévision et sur Internet : les images sont utilisées massivement comme des armes d’invasion de notre pensée. Elles en deviennent des outils très dangereux dont se servent conjointement la politique et la presse pour « téléguider » l’Opinion publique.
Quelle est votre vision de la politique en Argentine par rapport au sujet du film ?
En Argentine, nous avons été victimes d’une dictature atroce qui a tué d’une certaine manière 30 000 voix. Aujourd’hui, en pleine démocratie, nous sommes victimes d’une corruption démesurée visible au quotidien à la télévision. L’extrême complexité de cette corruption a pour finalité le désintérêt de la population à l’égard la politique : on assiste à l’élimination systématique des idées politiques de la population. Telepolis (La Antena) traite ce thème de manière plus simple sur le mode de la fable enfantine. Dans le film, la Télévision (conjointement avec Internet) génère notre unique « aliment » de consommation et d’information, qui pénètre à travers nos yeux et qui systématiquement provoque désir de consommation, passivité et hypnose.
Comme réalisateur de publicité, quel est votre sentiment sur le thème que vous évoquez ?
Mon sentiment est reflété dans le film : une sorte de catharsis naïve et personnelle.